Les kinés peuvent-ils faire une ordonnance ?

Dans un contexte de pénurie de médecins et de difficultés d’accès aux soins, de nouvelles mesures ont été mises en place pour permettre aux kinésithérapeutes de prendre en charge des patients sans ordonnance et de renouveler des prescriptions. Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour les patients souffrant de troubles mentaux, anxieux ou dépressifs ? Les kinés peuvent-ils réellement faire une ordonnance comme un médecin ? On fait le point sur ces nouvelles règles de la prescription en kinésithérapie.

Un accès direct aux soins de kiné sans ordonnance sous conditions

Depuis octobre 2023, les kinésithérapeutes exerçant en établissement de santé ou en cabinet libéral peuvent prendre en charge des patients en accès direct, sans prescription médicale préalable. Cette prise en charge est cependant limitée à 8 séances par patient. Au-delà, une ordonnance devient nécessaire pour poursuivre les soins.

Le kiné a toutefois certaines obligations à respecter dans ce cadre. Il doit notamment réaliser un bilan initial, informer le médecin traitant par un compte-rendu écrit, et bien sûr informer le patient qu’il peut à tout moment consulter un médecin. L’avantage pour le patient est de pouvoir débuter rapidement une prise en charge en kinésithérapie, sans délai d’attente pour obtenir une ordonnance. Et ce, avec une prise en charge par l’Assurance Maladie identique à celle avec prescription médicale.

Par exemple, en cas de lombalgie aiguë ou d’entorse bénigne de cheville, pouvoir consulter directement un kiné permet de mettre en place des soins rapidement, pour soulager la douleur et éviter que la situation ne s’aggrave. Le kiné pourra proposer des séances adaptées après avoir évalué la situation.

Bon à savoir : il est important pour le patient d’informer le kiné de ses antécédents médicaux et traitements en cours lors de la première séance, même sans ordonnance, pour garantir des soins personnalisés et sécurisés.

Un droit de prescription élargi mais encadré

Depuis 2006 déjà, les masseurs-kinésithérapeutes ont un droit de prescription, mais celui-ci était limité à une liste précise de dispositifs médicaux en lien avec leur champ de compétences (aides à la marche, attelles, bandes de contention…). Depuis mai 2023, ils peuvent aussi prescrire des substituts nicotiniques pour aider au sevrage tabagique.

Les kinés ont désormais également la possibilité de renouveler une prescription médicale datant de moins d’un an pour poursuivre des séances de kinésithérapie. Ils peuvent aussi adapter le nombre et le type de séances, sauf en cas d’indication contraire du médecin. Des libertés supplémentaires leur permettant d’ajuster la prise en charge à l’évolution du patient.

Il y a cependant certaines limites à respecter. Le renouvellement ne peut se faire que dans les 12 mois suivant l’ordonnance initiale. Au-delà, il faut repasser par un médecin. Le kiné doit aussi informer le médecin prescripteur et assurer une traçabilité de ses actes. Le médecin reste le référent pour le suivi global.

Concrètement, si un patient bénéficiant de séances de kiné dans le cadre d’un syndrome anxieux voit son état s’améliorer, le kiné pourra espacer les séances progressivement. À l’inverse, en cas de détérioration de l’état, le kiné pourra intensifier le rythme des séances. Le tout en coordination avec le médecin ou psychiatre référent.

Kinésithérapie et santé mentale : une approche complémentaire

Si le rôle des kinésithérapeutes dans la prise en charge des troubles musculo-squelettiques est bien connu, leur contribution pour certains troubles mentaux l’est moins. Pourtant, la kinésithérapie peut être bénéfique en complément d’un suivi psychiatrique ou psychologique.

Pour des troubles comme l’anxiété ou la dépression, le kiné peut proposer des techniques de relaxation, de gestion du stress ou travailler sur des problématiques de douleur souvent associées. Une approche centrée sur le corps et le mouvement, complémentaire des psychothérapies.

Pour autant, les nouvelles règles de prescription ne changent pas le fait que pour les pathologies psychiatriques sévères (schizophrénie, troubles bipolaires, troubles graves de la personnalité…), un suivi médical régulier reste indispensable, souvent basé sur une combinaison de médicaments et de psychothérapie.

À noter : une bonne communication patient/kiné/médecin est essentielle pour assurer une prise en charge coordonnée et adaptée à chaque situation. Des collaborations kiné/psychiatre/psychologue se développent pour proposer des suivis pluridisciplinaires.

Ces nouvelles règles s’inscrivent dans la volonté de faciliter l’accès aux soins dans un contexte de tension où environ 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. Elles donnent plus d’autonomie aux kinésithérapeutes tout en maintenant une collaboration étroite avec les médecins.

La santé mentale reste un enjeu majeur de santé publique. Selon l’OMS, une personne sur 8 souffre de troubles mentaux dans le monde. En facilitant l’accès aux soins de kinésithérapie, ces mesures participent à une meilleure prise en charge globale des patients. Une approche pluridisciplinaire alliant le médical, le paramédical et le psychologique est essentielle pour promouvoir une santé mentale et physique optimale. Déstigmatiser les troubles mentaux et faciliter l’accès à des soins diversifiés est primordial.

Ces nouvelles règles s’inscrivent dans la volonté de faciliter l’accès aux soins dans un contexte de tension où environ 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. Elles donnent plus d’autonomie aux kinésithérapeutes tout en maintenant une collaboration étroite avec les médecins.

La santé mentale reste un enjeu majeur de santé publique. Selon l’OMS, une personne sur 8 souffre de troubles mentaux dans le monde. En facilitant l’accès aux soins de kinésithérapie, ces mesures participent à une meilleure prise en charge globale des patients. Une approche pluridisciplinaire alliant le médical, le paramédical et le psychologique est essentielle pour promouvoir une santé mentale et physique optimale.

Il est crucial de continuer à déstigmatiser les troubles mentaux et de faciliter l’accès à des soins diversifiés. Chaque professionnel de santé, médecin, kiné, psychiatre, psychologue, a un rôle à jouer dans ce combat. Ensemble, ils peuvent proposer des prises en charge sur-mesure, combinant différentes approches thérapeutiques complémentaires.

L’évolution du droit de prescription des kinésithérapeutes ouvre de nouvelles perspectives pour les patients souffrant de troubles physiques mais aussi mentaux. Elle permet une meilleure coordination des soins et un suivi plus réactif, au plus près des besoins de chaque patient. Une avancée positive pour faciliter les parcours de soins, qu’il faudra évaluer sur le long terme.

Une chose est sûre : la santé mentale doit rester une priorité, avec des efforts continus pour améliorer la prévention, le dépistage et l’accès à des soins de qualité pour tous. Un défi collectif dans lequel chacun, professionnels de santé, patients, entourage, décideurs, a un rôle essentiel à jouer.

Auteur de l’article : Roslyn